DEKRA présente le Rapport de sécurité routière 2018 sur le transport de marchandises à Bruxelles

La Commission européenne reste déterminée à améliorer la sécurité routière dans l'Union européenne

16. oct. 2018

La Commission européenne reste déterminée à améliorer la sécurité routière dans l'Union européenne

La Commission européenne reste déterminée à améliorer la sécurité routière. Henrik Hololei, directeur général de la Mobilité et des Transports : « Les solutions de mobilité coopératives, connectées et automatisées offrent un potentiel énorme pour éliminer les décès et les blessures graves sur la route. Tandis que la numérisation ouvre de nouvelles opportunités pour assurer l'interopérabilité entre les différents opérateurs de la chaîne d'approvisionnement multimodale logistique et de transport de marchandises, des services novateurs visent à améliorer la sécurité et la fiabilité des opérations. Afin d'assurer la pérennité des activités de sécurité routière, notre coordinateur européen pour la sécurité routière, Matthew Baldwin, récemment nommé, contribuera à faire progresser la nouvelle stratégie de sécurité routière 2021-2030, complétée par une approche globale axée sur la mobilité coopérative, connectée et automatisée. » M. Hololei a pris la parole lors de la réception annuelle de DEKRA à Bruxelles, où l'organisation internationale spécialisée dans l'expertise a présenté son Rapport 2018 sur la sécurité routière, en particulier dans le domaine du transport des marchandises.

Les membres du Conseil d’administration de DEKRA Clemens Klinke, Ivo Rauh et Stefan Kölbl (de gauche à droite) souhaitent la bienvenue au directeur général Henrik Hololei (à droite).

Les membres du Conseil d’administration de DEKRA Clemens Klinke, Ivo Rauh et Stefan Kölbl (de gauche à droite) souhaitent la bienvenue au directeur général Henrik Hololei (à droite).

  • Les possibilités d'optimisation sont encore importantes.
  • La formation continue reste essentielle pour les conducteurs professionnels
  • Désactiver les systèmes d'aide à la conduite qui sauvent des vies est une entreprise risquée

Les chiffres des accidents dans les États membres de l'UE montrent clairement que les camions sont beaucoup plus sûrs qu’on a tendance à ne l’imaginer et sont beaucoup moins susceptibles d'être impliqués dans des accidents que les voitures. Pourtant, le moment n'est pas encore arrivé de décréter la fin de l’alerte. En effet, en raison des masses élevées en jeu, les accidents impliquant des poids lourds de douze tonnes ou plus en particulier entraînent souvent des conséquences particulièrement graves, non seulement pour les conducteurs de poids lourds eux-mêmes, mais aussi et surtout pour les automobilistes et les usagers vulnérables de la route comme les piétons et les cyclistes. « Nous devons utiliser plus efficacement le potentiel inhérent aux systèmes de sécurité active et passive des véhicules utilitaires », a déclaré Clemens Klinke, membre du Conseil d'administration de DEKRA, lors de la présentation du rapport.

« Horrible collision sur l’autoroute », « Camion percute à pleine vitesse l’extrémité d’une file d’embouteillage », « Trois morts après une collision avec un camion circulant en sens inverse », « Famille écrasée entre deux camions » – Des titres de ce type apparaissent encore régulièrement dans les médias, avec les rapports qui les accompagnent et font état d'accidents impliquant des véhicules utilitaires où des personnes ont été gravement blessées ou tuées. Cependant, aussi tragiques que puissent être de tels accidents pour les personnes concernées, nous ne devons pas perdre de vue le fait que, par rapport au nombre de kilomètres parcourus, les camions sont beaucoup moins susceptibles que les voitures d'être impliqués dans des accidents donnant lieu à des blessures. Les chiffres des accidents reflètent une tendance fondamentalement positive dans de nombreuses régions du monde – une tendance qui se poursuit depuis un certain nombre d’années déjà. Dans les États membres de l'UE, par exemple, le nombre de personnes tuées dans des accidents impliquant des véhicules utilitaires de 3,5 tonnes ou plus est passé de 7 233 en 2006 à 3 848 en 2015 (soit une diminution de 47 %). Bien que les chiffres soient en baisse, le pourcentage de personnes tuées dans des accidents impliquant des véhicules utilitaires par rapport à l'ensemble des décès sur la route dans l'UE est resté à peu près au même niveau depuis un certain nombre d'années. Les autres usagers de la route les plus fréquemment impliqués dans de tels accidents sont les voitures. Parmi les décès enregistrés dans les accidents impliquant des camions, 55 % sont survenus sur des routes rurales, 25 % dans des zones urbaines et 19 % sur des autoroutes.

« Même ces quelques chiffres soulignent la nécessité de contrer ces tendances à long terme », a déclaré Clemens Klinke. Axé sur les personnes, la technologie des véhicules et l'infrastructure, le Rapport sur la sécurité routière souligne les domaines dans lesquels des mesures doivent être prises pour assurer une utilisation efficace de tout le potentiel d'optimisation disponible pour améliorer encore la sécurité routière des camions.

Conséquences dévastatrices des collisions survenant à l’extrémité des files d’embouteillage

Parmi les mesures efficaces qui ont été prises, le membre du Comité de direction de DEKRA a mentionné l'amélioration continue des freins des camions au cours des dernières décennies. Dans une étude menée par DEKRA comparant un modèle contemporain Mercedes-Benz Actros à son prédécesseur, le SK, de 1997 (tous deux équipés d'une semi-remorque d'un poids brut de 38,5 tonnes), le camion plus récent s'est arrêté après 41 mètres lors d’une manœuvre de freinage totale engagée à une vitesse de 80 km/h. Par contre, le véhicule plus ancien roulait toujours à une vitesse de 43 km/h après avoir parcouru la même distance et ne s'était immobilisé qu'après 57 mètres.

La différence des effets produits par cette distance de freinage plus courte a été démontrée lors d'essais de collision réalisés par DEKRA au cours desquels un camion circulant à une vitesse résiduelle d'environ 40 km/h est entré en collision avec l’extrémité d’une file d’embouteillage. « Ce genre de scénario d'accident se produit malheureusement trop fréquemment – souvent avec des conséquences dévastatrices », a déclaré M. Klinke. « Si un camion roulant à une vitesse relative élevée entre en collision avec une voiture à l'arrêt ou circulant à basse vitesse, on peut s’attendre à ce la voiture subisse une déformation extrême. Et il arrive souvent que plusieurs voitures s'emboîtent les unes dans les autres », a-t-il poursuivi.

Klinke a expliqué que des améliorations efficaces peuvent donc être obtenues principalement grâce à l'utilisation de systèmes d'aide à la conduite conçus pour éviter ou réduire la gravité des accidents. L'objectif est de faire en sorte que les conducteurs distraits (re)prennent rapidement et adéquatement conscience de la réalité de ce qui se passe autour d'eux sur la route ou, dès le moment où une collision devient inévitable, de faire en sorte que le freinage se déclenche automatiquement.

Selon DEKRA, l’intégration dans les véhicules de systèmes d'assistance toujours plus nombreux est une étape efficace vers la « Vision Zéro » – l'objectif d'un monde dans lequel personne n'est tué ou gravement blessé sur nos routes. Il est toutefois essentiel que les conducteurs comprennent le fonctionnement des systèmes afin d’éviter les possibilités de désactivation de systèmes « incorrects », par exemple le système de freinage d'urgence qui sauve des vies, par manque de connaissances.

« Les conducteurs doivent également être conscients que les systèmes d'assistance ne peuvent pas outrepasser les lois de la physique – par exemple, en termes de performance de freinage sur routes mouillées ou verglacées », a averti Clemens Klinke à Bruxelles.

Les systèmes électroniques doivent aussi fonctionner de manière fiable pendant toute la durée de vie d'un véhicule, car ce n'est qu'alors qu'ils peuvent avoir l'impact souhaité. Les contrôles réguliers des véhicules deviendront donc encore plus importants qu'ils ne le sont déjà, notamment en raison de la complexité croissante des systèmes et du risque d'altération électronique.

L'engagement de DEKRA envers une plus grande sécurité routière

Comme les rapports précédents élaborés depuis 2008, le dernier Rapport de DEKRA sur la sécurité routière est bien plus qu'une compilation de faits sur l'état actuel des choses. Il propose des pistes de réflexion et des recommandations d'action concrètes à l'intention des responsables politiques, des experts de la circulation, des constructeurs, des institutions scientifiques et des associations. Il se veut également un compagnon indispensable pour tous les usagers de la route.

Cela fait plus de 90 ans que DEKRA s'est engagée à améliorer la sécurité routière. L'organisation d'experts a été l'un des premiers signataires de la Charte européenne de la sécurité routière et soutient sans relâche le programme d'action de l'UE visant encore à réduire de moitié le nombre de décès dus aux accidents de la route d'ici 2020. Dans les instances nationales et internationales, les experts de DEKRA sont reconnus en tant que partenaires dans le dialogue.

Le Rapport sur la sécurité routière 2018 de DEKRA peut être consulté en ligne sur www.dekra-roadsafety.com. Le site contient également des informations plus détaillées sur le contenu du rapport imprimé, y compris des vidéos et des graphiques interactifs, ainsi que tous les rapports publiés depuis 2008.

Les exigences de DEKRA pour une plus grande sécurité routière

  • Les systèmes d'assistance qui sont brièvement désactivés par le conducteur, comme le système de freinage d'urgence, doivent être réactivés automatiquement après quelques secondes seulement.
  • L'assistant électronique de virage devrait faire partie des équipements obligatoires pour tous les véhicules utilitaires, comme le sont déjà le système de freinage d'urgence et l'assistance au maintien sur la voie.
  • Comme tous les autres usagers de la route, les conducteurs professionnels doivent également être informés du fonctionnement des systèmes d'aide à la conduite et de conduite automatisée, ainsi que du potentiel et des risques qui y sont associés.
  • La capacité fonctionnelle des composants mécaniques et électroniques de sécurité du véhicule doit être assurée pendant toute la durée de vie du véhicule. En conséquence, des procédures de contrôle des composants concernés devraient être établies dans le cadre de l'inspection périodique générale du véhicule afin de garantir un niveau minimal d'efficacité élevé qui soit reconnu au niveau international autant que possible.
  • La ceinture de sécurité – l’élément le plus important quand il s’agit de sauver des vies – doit aussi être utilisée à tout moment dans les véhicules utilitaires.
  • Les conducteurs professionnels, eux aussi, doivent être sensibilisés encore davantage aux dangers des distractions au volant.
  • Les normes de sécurité requises doivent être définies pour les essais de circulation en peloton, y compris l'identification spéciale des véhicules de peloton pour les distinguer des autres véhicules.
  • Une meilleure connaissance des méthodes appropriées d'arrimage des charges et des méthodes de manipulation des matières dangereuses est une nécessité urgente.
  • Des statistiques d'accidents normalisées et comparables au niveau international sont absolument indispensables pour définir des mesures visant spécifiquement à améliorer la sécurité routière, par exemple, la mise en œuvre de mesures efficaces en matière de meilleures pratiques.

Contact

Wolfgang Sigloch

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Télécopie +49.711.7861–742386

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